Les poèmes de Maurice des Ulis

Janvier 1997



Fin

Mon cahier  Bien fol qui se renie
Viens à moi  Si mon coeur est fragile
Nouveau départ  L'ivresse du flocon
Destinée  L'amour est double
Ecoute le silence  Si un jour


Mon cahier

J'ai mis une rime à mon coeur
Qui a pris ça avec hauteur
Puis j'ai acheté un cahier
Pour y cacher mes bouts rimés.

Mon coeur étant mon confident,
Ça n'a pas pu durer longtemps.
Il a fallut que je les lise
Et lui, bien sûr, qu'il me révise.

Moi qui l'avait connu relax
Pour ce qui est de la syntaxe,
Si un des vers a trop de pieds
Il ne peut pas le supporter.

J'ai du lui céder le crayon :
Paraît que c'était son rayon.
Il a repris mes sentiments
Pour avoir plus de rendement.

Quand je me lève le matin
Il a déjà fait un quatrain.
Et tard le soir quand je m'endors
Je crois bien qu'il essaye encore.

Depuis que mon coeur est poète
C'est tous les jours un peu la fête.
S'il continue de composer
Il va falloir un GROS cahier.

Début | Fin


Bien fol qui se renie

Il est bien fol qui se renie :
Quel serait-il donc aujourd'hui ?

Ah ! L'heureux temps où jouvenceau
J'allais au pré pour mes agneaux.
J'y rencontrais la pastourelle
Qui savait n'être pas cruelle
Et sur un lit dans la feuillée
Que de bon temps y fut passé !

Il est bien fol qui se renie :
Quel serait-il donc aujourd'hui ?

Il m'a fallut prendre un métier
Alors suis devenu berger.
J'ai pris la tige d'un roseau
Pour y tailler un beau pipeau
Et ma musique est un aimant
Pour les fillettes en mal d'amant !

Il est bien fol qui se renie :
Quel serait-il donc aujourd'hui ?

Quand tous les gars de la vallée
Ont des écus et des moitiés,
Je me contente d'un flûtiau
Pour attirer tous les oiseaux
Et si certains n'ont de plumage
C'est ceux d'en bas qui sont en rage !

Il est bien fol qui se renie :
Quel serait-il donc aujourd'hui ?

J'ai des discours avec le temps
Et suis ami avec le vent.
J'ai pour voisin tous les oiseaux
Et des tas d'autres animaux
Mais l'animal que je préfère
Ce serait bien une bergère !

Il est bien fol qui se renie :
Quel serait-il donc aujourd'hui ?

Début | Fin


Viens à moi

Viens à moi belle enfant
Comme un daim aux abois
Qui entend l'olifant,
Presse-toi dans mes bras,
Enlace tes bras blancs
Tout autour de mes flancs,
Abandonne ton corps,
Reste l'esprit ballant,
Oublie le son du cor :
Pour toi je suis vaillant.

De tes yeux effrayés
Je veux chasser la peur,
Dans ta voix murmurée
Retrouver la douceur.
Et poser sur ton sein
Ou au creux de tes reins
Les larmes de mon coeur,
La chaleur de mon âme :
Promesses de bonheur
Que mérite une femme.

Début | Fin


Si mon coeur est fragile

Si mon coeur est fragile
C'est qu'il est comme moi
D'un abord difficile
A peine qu'on le voit.

Mais si on veut laisser
L'espace qu'on lui doit,
S'il en peut disposer
Pour calmer son émoi,

Il redevient plaisant,
Montrant même la joie
Qu'on lui a fait céans
Pourvu qu'on le tutoie.

Début | Fin


Nouveau départ

Quand on a tout perdu
Au sortir d'un naufrage,
Que l'on est convaincu
Qu'il faut tourner la page,

Un vent léger se lève
Nous soufflant au visage
L'envie d'une autre grève,
D'un autre paysage.

On tend alors la toile
Pour un autre départ,
Admirant les étoiles
Au fond d'un ciel tout noir

Et les vagues nous mènent
Où les pousse la brise
Murmurant leur antienne
Dont notre âme se grise.

Début | Fin


L'ivresse du flocon

J'ai trouvé un flocon
Et perdu la raison.
La belle symétrie
De son anatomie
Et la pointe acérée
De ses sommets givrés
Ont glacé mon esprit
Et mon bon sens est pris
Car devant ce glaçon,
Quand je le vois, je fonds.

Début | Fin


Destinée

J'ai regardé dans les étoiles
Pour y trouver ma destinée
Et le ciel a levé le voile
Sur ma future fiancée.

Son regard est doux et limpide
Et son sourire radieux
Mais sa faiblesse m'intimide :
Saurais-je exaucer tous ses voeux ?

A son amour puis-je prétendre ?
Répondra-t-elle à mes envies ?
Je sens déjà mes bras se tendre,
Je veux lui consacrer ma vie.

En moi j'ai gravé son visage
Et ne pourrais plus l'oublier.
Frayant ma voie sous les orages
Je suis parti la rechercher.

Début | Fin


L'amour est double

L'amour a un double penchant
L'un tout doux et l'autre méchant.

Ce jour où je lui pris la main,
Vous pensez si je m'en souviens !
Nous avions fait un grand détour
Et nous flânions sur le retour.
Si le soleil était heureux
Et nous fit rire tous les deux,
C'est la lune, plus câline,
Qui me donna la main d'Aline.

L'amour a un double penchant
L'un tout doux et l'autre méchant.

Ce jour où elle m'a dit : viens,
Vous pensez si je m'en souviens !
Nous nous étions tous deux cachés
Dans la pénombre d'un rocher
Mais le soleil s'est fait ardent
Pour nous ôter nos vêtements
Et quand la lune se leva
Aline dormait dans mes bras.

L'amour a un double penchant
L'un tout doux et l'autre méchant.

Ce jour où nous étions si bien,
Vous pensez si je m'en souviens !
J'ai payé la dette promise :
Nous sommes allés à Venise.
Le soleil sur le Grand Canal
Avait un air de Carnaval
Mais c'est la lune, au Rialto,
Qui fit d'Aline une beau tableau.

L'amour a un double penchant
L'un tout doux et l'autre méchant.

Ce jour où nous n'étions plus rien,
Je crois que je ne sais plus très bien.
En tout cas, elle était partie
Et entre nous c'était fini
Mais le soleil était absent
Car lui aussi il l'aimait tant
Et quand la lune s'est montrée
On a vu qu'elle avait pleuré.

L'amour a un double penchant
L'un tout doux et l'autre méchant.

Début | Fin


Ecoute le silence

Ce silence, si cher à Dulia
Ecoute le silence
Demande mon amie :
Ce n'est pas une absence,
Ce n'est pas un ennui.

Ecoute mon silence
Qui n'est pas un oubli
Car grâce à lui je danse
Et pense à toi aussi.

Ecoute ton silence,
Dialogue avec lui.
Il te donne une chance
D'être toi aujourd'hui.

Ecoute le silence
Demande mon amie.
J'en ai trouvé le sens :
C'est le chant de la vie.

Début | Fin


Si un jour

Si un jour tu reviens
Depuis là où tu vis,
Je me demande bien
Qui sera par ici.

Ce ne sera pas moi,
Je m'enfuis pour la vie.
Mais si tu as la joie
De revoir des amis,

Vous vous rappellerez
Ce que fut votre vie
Et vous regretterez
Que tout ça soit fini.

Quand après un détour
Qui durera ma vie
Je viendrais à mon tour,
Tu seras repartie.

Début | Fin



Début  |  Mois précédent  |  Mois suivant  |  Présentation  |  Copyright