Les poèmes de Maurice des Ulis

Mai 1998



Fin

Iseult  Rature
Mo et Dulia  Mon jardin
Mektoub (c'était écrit)  Je suis un peu fou
Les lois qu'on ne transgresse  Un grand froid
Quand le printemps refleurira  Chantez pour moi
Ton sourire léger  Amour futur
Le lac aux étoiles  Ma brune
Le troubadour 


Iseult

Doux astre de la nuit
Qui attend patiemment
Ma caresse légère

Dès que tu apparais
Un triste et doux sourire
Vient refleurir mes lèvres

Et mon esprit charmé
Ne peut pas s'empêcher
De louer ta beauté.

Nouveau Pierrot lunaire
J'entend la mandoline
De l'âme de la nuit

Et je joue sur ton coeur
La douce mélodie
De l'amoureux vainqueur

Pour te voir resplendir
Du bonheur épanoui
De ceux qui sont aimés.

Début | Fin


Rature

Poursuivant sans recours la course vagabonde
Où m'entraînent ma vie et mon coeur déchiré
Par moment je retiens ce parcours effréné
Et je jette, surpris, un regard à la ronde.

Voyant de tous côtés que le bonheur abonde
J'essaie à chaque fois de m'y désaltérer
Mais mon destin qui n'a jamais eu de pitié
A tôt fait de trouver un chagrin qui m'inonde.

Quand je suis reparti, je subis les sarcasmes
De mon coeur couturé qui montre la blessure
Que lui aura valu cette ultime aventure.

Mais je dois conserver tant soit peu d'enthousiasme
Si je veux que ma vie ne soit une rature
Qui n'aurait pour un temps que salit la nature.

Début | Fin


Mo et Dulia

Dans l'espace intersidéral
Où les dieux aiment à mêler
Comme une étoffe entrelacée
Le Dessin de l'Humanité
Il est un destin peu banal
De deux esprits interloqués
Qui ne pouvaient se rencontrer
Mais qui n'ont pu se séparer
Et dont l'amour comme un fanal
Eclairera les Temps Passés
Disant à ceux qui seront nés
Ce que peut être l'amitié.

Début | Fin


Mon jardin

Jamais je ne dirai
Où se trouve la clé
De ce jardin caché
Où blessé je me tais,

Mon âme décousue
Et mon coeur déchiré
Sauront bien expliquer
Pourquoi j'y suis tenu !

Mais pourquoi un matin,
Oublieux du passé
Je vais impatienté
Vers un nouveau destin

Sachant qu'en peu de temps
Je devrais retourner
A nouveau m'y cacher
L'âme et le coeur en sang ?

Début | Fin


Mektoub (c'était écrit)

Dans le champ infini où naissent les étoiles
Des Dieux insoupçonnés aux nébuleux desseins
Ont tissé savamment le gigantesque voile
Où se mêlent les fils qui fixent nos destins.

Funambules immobiles englués dans la toile
Nous suivons lentement de nos vie le chemin
Et le Temps insidieux lentement nous dévoile
Chaque noeud de la trame menant à notre fin.

Que sont nos sentiments et même nos amours
Si la tête posée en un geste charmant
Etait un fait écrit depuis la Nuit des temps ?

Je serai pour ma part un aveugle et un sourd
Pour vivre chaque jour comme on vit un Printemps
Et laisser libre cours à tous mes sentiments.

Début | Fin


Je suis un peu fou

Je dois être un peu fou
De croire à la promesse
D'un soupçon de tendresse
Qui me fait les yeux doux,

A cette main posée
Vivement sur mon bras
Et qui déjà s'en va
Avant d'être attrapée,

A ce sourire inquiet
Disparu aussitôt
Et qui aurait trop tôt
Dévoilé son secret,

A ce regard soudain
Venu du fond du coeur
Rechercher le bonheur
Et qui s'accroche au mien.

Oui, je suis un peu fou
De chercher la tendresse
Et de croire aux promesses
Pour un monde plus doux.

Début | Fin


Les lois qu'on ne transgresse

Comme Jeunesse et puis Vieillesse,
Ou bien Richesse et Pauvreté,
Toujours à l'Un, son Opposé :
Il est des lois qu'on ne transgresse.

Ainsi les Dieux dans leur sagesse
En inventant l'Humanité
Ont pris grand soin de la doter
Et de Grandeur et de Faiblesse.

Dans l'humain le plus exécrable
Dont les forfaits sont obstinés
Un morceau d'or y est caché

Qui ferait que le misérable
Pourrait d'un coup se racheter
Si l'on savait le retrouver.

Début | Fin


Un grand froid

Je viens de perdre mon amour
Sans avoir bien compris pourquoi
Et dans mon coeur devenu lourd
Est descendu comme un grand froid.

Moi qui croyais finir mes jours
Dans le bonheur et dans la joie
C'est le regret qui me laboure
Et le chagrin qui me foudroie.

Je peux chercher un beau discours
Pour expliquer ce qui m'échoit
Ou pour aider à son retour
Mais mon esprit reste sans voix.

Je ne vois plus aucun recours
Pour l'avenir que j'aperçois,
Pas question de parler bravoure
Quand on est cloué sur la croix.

Début | Fin


Quand le printemps refleurira

Quand le printemps refleurira
Toutes les branches du verger
Et remplira l'air embaumé
De mille oiseaux en apparat

Je reviendrai près du lilas
Où nous dormions si enlacés
Qu'on n'aurait pu nous séparer
Sans dénouer jambes et bras.

En observant qu'en la nature
Tout se défait et rien ne dure,
Tête baissée je suis amer

Car l'an nouveau et la verdure
En renaissant de la froidure
Ont délaissé un solitaire.

Début | Fin


Chantez pour moi

Voici l'été, mort est l'hiver,
Et près de moi l'oiseau pépie.
Il est heureux et son affaire
C'est de bientôt construire un nid.

Son chant joyeux rempli les airs
Et ramassant quelque débris
Qu'il va cacher dessous un lierre
C'est un château qu'il se bâtit.

Bientôt rejoint par sa commère
Il fait des rondes à l'infini
Car si l'amour est un mystère
C'est que pour nous il est folie.

Chantez pour moi, mes jolis vers,
Dites combien belle est la vie
Et oubliez ce goût amer
Qui vient sur moi et me remplit.

Début | Fin


Ton sourire léger

La lune cette nuit
De sa lumière pure
Blanchit ta chevelure
Dont l'ombre s'adoucit.

Mon coeur en a frémi,
Et dans le clair-obscur
C'est un baiser très pur
Que ton front a subi.

Je voudrais bien cueillir
Ton sourire léger
Qui semble m'inviter

Mais tu as su me dire
Que trop d'avidité
T'aurait effarouchée.

Début | Fin


Amour futur

Belle dame penchée sur ce recueil ancien
Dont l'encre délavée cache les mots antiques
Laisse moi abuser de ton coeur romantique
Et reçois mon amour qui déjà t'appartient.

Caresse doucement mes lignes de ta main
D'un mouvement câlin, lascif ou érotique
Et que ta rêverie se transforme en supplique
Devant ce flot d'amour qui t'envahit soudain.

Ma bouche sur ton front descendue vers tes lèvres
Saura bien te donner la plus ardente fièvre
Et notre amour ainsi deviendra consommé.

Oublions ce qui fut et les instants trop mièvres,
Aujourd'hui c'est nos coeurs pour toujours que l'on sèvre.
Sache que je t'attends et que je t'ai aimée.

Début |  Fin ||  Suivant


Le lac aux étoiles

Pendant cette nuit-là une poudre d'étoiles
Semblait se déposer sur le lac endormi
Qui me fit évoquer, avec mélancolie,
Les visions imprévues qui parfois se dévoilent.

Je me remémorais cette nuit tropicale
Où je vins la trouver un peu avant minuit
Lui dire que demain je serai reparti
Après tous ces longs mois que dura notre escale.

Elle ne répondit pas un temps interminable
Pendant que nous restions tous les deux immobiles
Aussi je repartis vers mon automobile.

Me retournant je vis, image irrévocable,
Sa blanche silhouette enveloppée de voiles
Et le lac à ses pieds, où pleuraient les étoiles.

Début | Fin


Ma brune

C'est promis, ô ma brune,
Je n'irai plus jamais
Te décrocher la lune
Car c'est pour toi que j'ai
Au sein de mes prunelles
Quand l'amour se dévoile
Et ta vue m'ensorcelle
Un océan d'étoiles.

Début | Fin


Le troubadour

Je suis un troubadour et vais chantant mes vers
De château en château contre vivre et couvert.

Attendu par l'hôtesse et celles qui l'entourent
Comme représentant du goût et de l'esprit
C'est par des cris de joie que je suis accueilli
Quand j'apparais enfin dans mes plus beaux atours.

Je suis un troubadour et vais chantant mes vers
De château en château contre vivre et couvert.

M'accompagnant du luth je chante la bravoure
De ceux qui pour sauver notre foi sont partis
Et dont la noble dame au château dépérit
D'attendre vainement et sans joie le retour.

Je suis un troubadour et vais chantant mes vers
De château en château contre vivre et couvert.

Après les compliments, assis sur du velours,
Je propose à ces dames un jeu pour leur esprit
Et nous nous échangeons pour que chacune en rie
Devinettes et rébus, bons mots et calembours.

Je suis un troubadour et vais chantant mes vers
De château en château contre vivre et couvert.

Je leur donne un sujet pour le fameux concours
Où chacune des dames, experte en poésie,
Saura bien exprimer ce que son coeur lui dit
Et savamment rimer son séduisant discours.

Je suis un troubadour et vais chantant mes vers
De château en château contre vivre et couvert.

Allant sauver chacune à son pressant recours
Je l'aide à composer sa propre mélodie
Et profitant du fait de l'avoir éblouie
J'entreprends aussitôt de lui faire ma cour.

Je suis un troubadour et vais chantant mes vers
De château en château contre vivre et couvert.

L'hôtesse a bien compris où se jouaient mes tours
Et sait me démontrer qu'elle aussi apprécie
Que je sache l'aider à raconter sa vie
Et montrer que son coeur à l'amour n'est pas sourd.

Je suis un troubadour et vais chantant mes vers
De château en château contre vivre et couvert.

Mais quels sont tous ces cris qu'on entend dans la cour ?
C'est à n'en pas douter le retour du mari.
Cela me signifie, et j'en suis bien marri,
Que je dois m'en aller vers un autre séjour.

Je suis un troubadour et vais chantant mes vers
De château en château contre vivre et couvert.

Début | Fin



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