Les poèmes de Maurice des Ulis

Octobre 1998



Fin

Comment puis-je espérer ?  L'amour de ma vie
Rien qu'un jeu  Enkidou 1
Enkidou 2 


Comment puis-je espérer ?

J'ai connu des amours
Qui se sont mal passés,
Comment puis-je espérer
Recommencer un jour ?

Et si c'était mon tour
D'enfin trouver l'aimée
Qui saurait partager
Ce sentiment si lourd ?

Qui resterait silence
Quand je serais violence
Sans rien me repprocher,

Mais qui saurait rugir
Et soudain s'allanguir
Pour toujours me garder.

Début | Fin


L'amour de ma vie

J'ai cru trouver l'amour sincère
Et j'ai fait quatre beaux enfants
Mais bien vite est venu le temps
Où j'ai voulu quitter l'ornière.

J'ai cru trouver le grand amour !
Mais cet amour est reparti
En trouvant l'homme de sa vie
Et j'ai pleurer de très longs jours.

J'ai cru trouver l'amour-ami
Plein de douceur et de tendresse,
Mon coeur a eu quelque faiblesse,
L'amour a fui ma maladie.

Je ne sais pas si un amour
Viendra me prendre dans ses bras
Mais je saurai traîner le pas
Pour éviter un nouveau four.

Début | Fin


Rien qu'un jeu

Le plus jeune des Dieux issus de la Matière,
Chargé par ses Aînés de nettoyer les Cieux
Des Cendres dispersées par le Premier des Feux,
Arrivait ce jour-là près d'un amas stellaire.

Alors qu'il commençait sa tâche routinière
De retirer la Cendre et nettoyer les Lieux
Il eut soudainement l'idée d'un nouveau jeu
Où se recombinaient les couleurs planétaires.

Un temps il échangea d'une façon experte
La jaune avec la bleue, la rouge avec la verte
Puis enfin se lassa du jeu multicolore.

D'être ainsi malmenées les planètes souffrirent :
Sur Mars on vit les mers et les glaciers partir,
Sur Terre on observa la fin des Dinosaures.

Début | Fin


Enkidou 1

naissance
Comme une femme belle, alanguie et lascive
Qui roule et se déroule entre ses deux amants
La plaine s'allongeait entre les bras puissants
Des fleuves qu'agitait la pulsion primitive.

Dans le delta humide où les Dieux sont entrés
Va bientôt se nouer la trame du Destin :
Avec un peu de boue puis d'un souffle divin
Ils ont créé un être et l'ont abandonné.

La plaine est assoupie et l'on entend à peine
Comme un râle léger venant d'un nouveau-né
Dont les yeux et l'esprit sont encore fermés
Et que baigne en rêvant une lune sereine.

Quand l'être abandonné sort enfin du sommeil
La nuit qui est paisible enlève son manteau
Et la vie qui s'ébroue va s'élancer bientôt
Pour glorifier le jour et son astre vermeil.

Début |  Fin ||  Suivant


Enkidou 2

premiers pas
La plaine est un enfer pour le pauvre animal
Qui ne connaissait pas la lumière et le bruit.
A chaque pas qu'il fait l'ombre bouge et le suit :
Tout son être est glacé d'une peur viscérale.

Quand survient un grand cri la panique le gagne
Qui ferme son esprit et le jette en avant
Jusqu'à ce que son corps le laisse pantelant
Et que devant ses yeux se dresse la montagne.

Comme un havre de paix la forêt qui l'accueille
Assombrit la lumière et adoucit les bruits
Puis pour l'apprivoiser lui offre tous ses fruits
Qu'il avale en grognant et cherche sous les feuilles.

Reposé et repu le nouvel arrivant
Escalade un grand arbre où il construit son nid
Et de là il observe, à moitié assoupi,
La forêt qui ondule en épousant le vent.

Début |  Fin ||  Premier |  Suivant



Début  |  Mois précédent  |  Mois suivant  |  Présentation  |  Copyright